Géographie, dénominations, traditions et langue

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Géographie, dénominations, traditions et langue

Message par Telumehtar le Lun 15 Fév - 15:48

Quelques éléments issus du fameux Livre de la Marche

* * * *

Géographie générale

Les Hommes du Nord

Les Hommes du Nord (angl. Northmen), ancêtres des Éothéod et des Rohirrim, s’établirent en lisière de la Forêt Noire, dans la région qui fut nommée par la suite la Brèche Est et qu’ils contribuèrent à agrandir. En 1856 3A, les Hommes du Nord, alliés du roi Narmacil II du Gondor, combattirent les Gens-des-Chariots. La Bataille des Plaines fut une tragique défaite à plusieurs égards et les rescapés du peuple des Hommes du Nord se divisèrent. Une fraction, menée par Marhwini, alla s’établir dans le Val de l’Anduin, entre le Carrock et les Champs d’Iris, majoritairement sur la rive occidentale du fleuve.

Les Éothéod

Plus d’un siècle plus tard en 1977, ceux qui étaient à présent devenus les Éothéod, en quête d’espace, migrèrent plus au nord. Ils s’installèrent entre les Monts Brumeux à l’ouest, la Rivière de la Forêt à l’est et le confluent de la Greylin et de la Langwell au sud.

Les Rohirrim

Après la Bataille du Champ du Celebrant en 2510 3A, l’Intendant du Gondor Cirion offrit aux Éothéod la province du Calenardhon. Après le Don de Cirion et le Serment de Cirion et Eorl, la Riddermark fut délimitée comme suit :

Limite nord : barrières formées par l’Isengard (s. Angrenost) et la rivière Limeclaire.
Limite sud : les Montagnes Blanches (s. Ered Nimrais).
Limite est : la ligne sud-ouest entre la jonction de la Snowbourn et de l’Entalluve jusqu’aux Montagnes Blanches.
Limite Ouest : la rivière Isen (s. Angren) depuis son confluent avec l’Adorn.
Limite Nord-Ouest : orée de la Forêt d’Ent (s. Fangorn) et rivière Limeclaire.

Les Cavaliers possèdaient ainsi la région qui se déployait au Sud des Monts Brumeux (s. Hithaeglir), entre les rivières Isen (s. Angren) et Adorn. Selon Karen W. Fonstad (AMe/191), la superficie du Rohan était d’environ 52763 miles carrés (≈ 84914 km²) ce qui représente 7 fois la région Île-de-France.

1 lieue = 4828,032 mètres
1 mile = 1609,344 mètres
1 furlong = 201,168 mètres
1 yard = 0,9144 mètre
1 pied = 0,3048 mètre
1 pouce = 0,0254 mètre


Dénominations

Termes issus de la culture sindarine et employés communément:

Hommes du Rohan
- Rohir (sing.)
- Rohirim (pl.)

Femmes du Rohan
- Rohiril (sing.)

Les hommes du Rohan se nomment eux-mêmes :

- Eorling (sing.)
- Eorlingas (pl.)


Traditions

"... sages, mais ignorants, n’écrivant pas de livres, mais chantant beaucoup de chansons, à la façon des enfants des Hommes avant les Années Sombres."

Le Seigneur des Anneaux, Livre III, Chapitre II, Les Cavaliers du Rohan

" De nos traditions et de nos manières, ils ont appris ce qu’ils voulaient, et leurs seigneurs parlent au besoin notre langue ; mais ils conservent pour la plupart les coutumes de leurs propres ancêtres et leurs propres souvenirs, et ils usent entre eux de leur langue du Nord."

Le Seigneur des Anneaux, Livre IV, Chapitre V, La fenêtre sur l’ouest

Au Rohan la tradition était orale, on y trouvait ni livre ni bibliothèque. Un Maître des Traditions était chargé de la transmission orale de l’histoire, des coutumes et des règlements, de génération en génération. Cette culture orale s’exprimait aussi par les chansons que les Hommes du Rohan appréciaient par-dessus tout. Plusieurs ménestrels officiaient à la Cour et le roi disposait de son Ménestrel personnel. Après les funérailles du roi Théoden, Gléowine, son chantre, ne composa plus jamais. On trouvait aussi les Hérauts chargés de lire les proclamations solennelles et bien entendu une foule de serviteurs, affairés au bien être de la cour.

Les hommes en armes souhaitaient la bienvenue en montrant la poignée de leur épée (SdA III-6 p. 551).

Les cadavres ennemis étaient empilés et brûlés, comme ce fut notamment le cas pour les cadavres d’Orques amoncelés à l’orée de Fangorn. Cela accrédita la légende selon laquelle les Rohirrim brûlaient vifs leurs prisonniers – c’est ce que croyaient les hommes qui combattirent au Gouffre de Helm (SdA p. 467).

La manière dont Éomer mania son épée lors de la Bataille des Champs du Pelennor (SdA V-6 p. 906) :

"Mais alors l’étonnement le saisit, en même temps qu’une grande joie ; il jeta son épée dans la clarté du soleil et chanta en la rattrapant."

Le Seigneur des Anneaux, Livre V, Chapitre VI, La Bataille des Champs du Pelennor

n’est pas sans rappeler celle de son illustre ancêtre, Eorl le Jeune, lors du serment qu’il prononça avec Cirion (C&LI p. 703) :

"Et il tira son épée et la jeta en l’air et elle flamboya aux rayons du couchant, et il la rattrapa au vol, et fit un pas et posa la lame sur le monticule mais ses mains étreigaient toujours la garde."

Contes & Légendes Inachevés, Troisième partie : le Troisième Âge, Chapitre II

Dans la tradition rohirique, les Rois défunts n’étaient pas les seuls à être honorés et les soldats morts au combat bénéficiaient aussi de toutes les attentions.

Après la Première Bataille des Gués de l’Isen le 25 février 3019 3A, Théodred fut hâtivement enseveli sur l’îlot où il trouva la mort. Le Maréchal Elfhelm, pour le protéger, planta en terre son étendard.

Après la victoire chèrement payée du Gouffre de Helm, les morts furent alignés sous des tertres, ceux originaires de l’Ouest d’un côté, ceux de l’Est de l’autre. Háma, Capitaine de la Garde Royale, fut inhumé dans une tombe isolée.

Particularité après la Bataille des Champs du Pelennor, les Rohirrim et les Gondoriens furent ensevelis sous les mêmes tertres, unis jusqu’à la mort dans la lutte contre le Mal.


La Langue des Cavaliers

"L’anglo-saxon’ n’est pas seulement un ‘champ fertile’, mais le seul champ dans lequel regarder pour l’origine et la signification des mots et noms appartenant à la langue de la Marche ; de même que l’anglo-saxon ne sera pas la source de mots et noms dans aucune autre langue."

Letters, p. 381

"Il fallait – m’a-t-il semblé – transposer également les langues des Humains apparentées à l’occidentalien, en des formes correspondantes apparentées à l’anglais. C’est pourquoi j’ai calqué la langue du Rohan sur le vieil anglais, car apparentée à la fois (mais de loin) au parler commun, et (de très près) à l’ancien idiome des Hobbits, c’était une langue qu’on pouvait juger archaïsante en regard de l’occidentalien."

Le Seigneur des Anneaux, Appendice F, Chapitre II, Des problèmes de traduction

"Ceci, je pense, est la langue des Rohirrim,’ dit Legolas ; ‘car elle est pareille à ce pays même ; en partie riche et ondulée, et ailleurs dure et sévère comme les montagnes’."

Le Seigneur des Anneaux, Livre III, Chapitre VI, Le roi du Château d’Or

Langue du Rohan = vieil anglais

The Treason of Isengard, Chapitre XXIII, Notes on various topics

Tolkien voulait donner à son oeuvre (et particulièrement au Seigneur des Anneaux) une profondeur linguistique sans pareille. Ainsi décida-t-il de rendre au mieux les différences linguistiques, en partant du présupposé que le Seigneur des Anneaux était le récit de la Guerre de l’Anneau par des Hobbits parlant et écrivant en langue commune (angl. Westron, fr. occidentalien, ouistrain ; également nommé dans celle-ci sôval phâre ‘langue commune’).

Tolkien rendit ainsi la langue commune par l’anglais moderne, et les langues lui étant apparentées par des langues apparentées à l’anglais moderne. Ainsi la langue des Cavaliers de la Marche fut-elle traduite par le vieil anglais de variété mercienne, de même que l’ancienne langue des Hobbits, proche du rohirique.

Nous ne disposons que de deux phrases en vieil anglais dans le Seigneur des Anneaux :

Westu Théoden hál ! « Porte-toi bien Théoden ! »
Ferthu Théoden hál ! « Va sain et sauf Théoden ! »

D’autres phrases en vieil anglais nous sont parvenues par l’entremise des septième et neuvième volumes de la série The History of Middle-earth, respectivement intitulés Sauron Defeated et The Treason of Isengard. On y découvre que Tolkien avait à l’origine inclus plusieurs passages en vieil anglais qui furent supprimés de la version éditée.

Louanges adressées aux Hobbits Sam et Frodon dans le chapitre Le Champ de Cormallen (SdA VI-4) (SD p. 47) :

Texte A :

Hale, hale cumath, wesath hale awa to aldre. Fróda and Samwís !
« Sains et saufs, allez sains et saufs, demeurez sains et saufs à tout jamais jusque dans la vieillesse. Frodon et Samsagace ! »

Texte B :

Wilcuman, wilcuman, Fróda and Samwís !
« Bienvenue, bienvenue, Frodon et Samsagace ! »

Dernière version :

Wilcuman, wilcuman, Fróda and Samwís !
« Bienvenue, bienvenue, Frodon et Samsagace ! »

Uton herian holbytlan !
« Louons les Hobbits ! »

Propos adressés par les gardes des portes d’Edoras à Gandalf, Aragorn, Legolas et Gimli (TI pp. 442-3, 449 (note 5)) :

"Abidath cuman uncuthe ! Hwæt sindon ge, lathe oththe leofe, the thus seldlice gewerede ridan cwomon to thisse burge gatum ? No her inn gan moton ne wædla ne wæpned mon, nefne we his naman witen. Nu ge feorran-cumene gecythath us on oftse : hu hatton ge ? Hwæt sindon eower ærende to Theoden urum hlaforde ?"

"Attendez, étrangers inconnus ! Qui êtes-vous, amis ou ennemis, qui êtes venus ainsi étrangement vêtus chevauchant jusqu’aux portes de cette cité ? Personne ne peut entrer ici, mendiant ou guerrier, si nous ne connaissons pas son nom. À présent, vous arrivants de loin, déclarez-vous à nous rapidement : quels sont vos noms ? Quelle est votre requête à Theoden notre seigneur ?"

Propos adressés par les gardes des portes de Meduseld à Gandalf, Aragorn, Legolas et Gimli (TI p. 450) :

Cumath her wilcuman !
« Bienvenue ici étrangers ! »

Qui devint par la suite :

Wesath hale, feorran cumene !
« Salut, arrivants de loin ! »

Invective de Théoden aux Cavaliers du Rohan en cas de péril (WR p. 389) :

Arísath nú Rídend míne !
« Levez-vous à présent mes Cavaliers ! »
Théodnes thegnas thindath on orde !
« Thanes (ou Seigneurs) de Théoden montez au front ! »
Féond oferswithath ! Forth Eorlingas !
« Terrassez l’ennemi ! En avant Eorlingas ! »

La véritable langue des Rohirrim nous est très peu connue. Aucun texte n’a encore été publié pour présenter les règles qui la régissent et son corpus est extrêmement restreint. La langue des Cavaliers semblait avoir dépassé la barrière des races (PMe p. 319) :

"Les Portes de l’Est [de la Moria], qui périrent dans la guerre contre les Orques, ouvraient sur le monde sauvage, et étaient moins amicales [que la Porte de l’Ouest]. Elles portaient des inscriptions runiques dans de nombreuses langues : des incantations d’interdiction et d’exclusion en khuzdul, et des commandements ordonnant à tous ceux n’ayant pas l’accord du Seigneur de la Moria de partir écrits en quenya, en sindarin, en langue commune, dans les langues du Rohan et de Dale et du Dunland."

The People of Middle-earth

L’ancienne langue employée par les Hobbits avant qu’ils n’aient migré dans la Comté est assez proche du rohirique :

"Dans le Livre Rouge, il est dit que lorsque les Hobbits se familiarisèrent avec la langue parlée au Rohan, ils reconnurent quantité de mots, et que cette langue était toute proche de la leur"

Le Seigneur des Anneaux, Appendice F, Chapitre II, Des problèmes de traduction

Les Cavaliers parlaient également la langue commune, comme Tolkien le fait remarquer :

"Par exemple, il peut y avoir eu parmi les Rohirrim un petit nombre qui ne comprenait pas la langue commune, et la plupart devait être capable de la parler assez bien. La maison royale, et sans doute plusieurs autres familles, la parlaient (et l’écrivaient) correctement et familièrement. C’était en fait la langue natale du roi Théoden : il naquit au Gondor et son père Thengel employait la langue commune dans sa propre demeure même après son retour au Rohan."

The People of Middle-earth, p. 296

"En fait les Hobbits parlaient pour la plupart un idiome rustique, tandis qu’au Gondor et au Rohan, on utilisait une langue plus ancienne, plus formelle et plus concise."

Le Seigneur des Anneaux, Appendice F, Chapitre II, Des problèmes de traduction

De même pour le sindarin :

"Les Rois et leurs descendants après Thengel connaissaient également le sindarin – la langue des nobles du Gondor."

The People of Middle-earth, p. 316

De plus, il est dit de Thengel que :

"… la langue du Gondor [le sindarin] fut employée dans sa maison, et tous les hommes ne trouvaient pas cela bon."

Le Seigneur des Anneaux, appendice A, chapitre II, La Maison d’Eorl

Selon une vision plus ancienne de Tolkien présentée dans The People of Middle-earth (p. 21), la langue des Cavaliers serait du v.a. d’il y a mille ans. L’écart entre le vieil anglais et l’anglais moderne serait le même que celui entre le rohirique de Théoden et celui du temps d’Eorl le Jeune. Dans l’appendice A du SdA, cet écart sera finalement réduit à quatre cents soixante-trois ans.

Nous ne prétendons pas, à l’instar du regretté Maître Meriadoc Brandebouc, faire là un traité exhaustif sur les anciens noms de la Marche et ceux apparentés des Hobbits de la Comté, mais tout du moins allons-nous présenter au lecteur quelques exemples de relations entre ces deux langues.

Dans le Seigneur des Anneaux, Tolkien modernisa à la manière des Hobbits certains noms qui avaient cours chez les Cavaliers :

"Ils [les Hobbits] modifiaient pareillement les noms qu’ils entendaient lorsque ceux-ci étaient composés d’éléments qu’ils reconnaissaient, ou ressemblaient à des noms de lieux situés dans la Comté. Mais à de nombreux noms, les Hobbits ne touchaient pas, et j’ai fait de même, , par exemple, pour Edoras, les « cours »."

Le Seigneur des Anneaux, Appendice F, Chapitre II, Des problèmes de traduction

Ainsi voit-on Scadufax devenir Shadowfax, Wymrtunge devenir Wormtongue ou encore Fenmerce devenir Fenmarh. De même, Tolkien traduisit parallèlement des termes de la langue des Hobbits et de celle des Cavaliers tels mathom évoquant le v.a. māð(u)m, māððum, mādm ‘trésor, joyau’ et reproduisant la relation de kast, terme en vigueur chez les Hobbits, avec le r. kastu. De même pour le smial, issu du v.a. smygel ‘retraite, terrier, endroit où se terrer’ et trân vs. r. trahan. Sur le même principe, les noms propres Sméagol et Déagol étaient respectivement des traductions du r. Trahald « le Fouisseur » et Nahald « le Secret ». Un autre terme enfin, mais pas des moindres, était le r. kûd-dûkan « habitants de trous » qui correspondait au néologisme v.a. holbytla (pl. holbytlan) inventé par Tolkien et qui devint en anglais moderne hobbit, ou kuduk, un terme seulement usité par les Hobbits dans la variété de l’occidentalien qu’ils employaient.
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