(LdC) Eothred

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

(LdC) Eothred

Message par Telumehtar le Lun 15 Fév - 16:45

Nom : Eothred
Naissance : 2985 du Tiers Age, sur les rives de l’Adorn (rivière des cygnes)
Origine : Rohir du Westfold
Classe : Capitaine
Artisanat : Armurier
Rang RP : Porteur de Heaume


Ci-dessous quelques textes rp publiés sur les Chapitres d'Estel au printemps 2009

Un dernier été dans le Westfold

« Prenez ma main, jeune Eothred, et restez en vie ! »
Le ton impérieux de l’elfe ne laissait au rohir que peu de doute quand aux conséquences d’un refus. Derrière lui trois solides guerriers abattaient leurs haches sur ce pauvre Fengel qui n’avait réussi à gravir la colline sombre assez rapidement pour leur échapper. Il gimaça de colère et de peur en entendant le cri de son ami quand l’acier fracassa son crâne. Eothred regarda l’elfe qui le dominait sur sa monture, il ne distinguait que vaguement son visage à cause de l’obscurité, mais il savait que celui ci le fixait intensément. Il sentit les larmes monter à ses yeux et son coeur battre plus fort, alors que sa poitrine se déchirait déja d’avoir courru si vite hors de la ferme.

« Je ne peux les laisser ravager cette maison et tuer les miens alors que je fuis ... » Eothred se retourna rageur, les poings serrés, mais compris bien vite qu’il tomberait aussi. La hache du premier maraudeur, encore maculée du sang de Fengel, se dressait déja. Les reflets du métal avaient une teinte noirâtre et sinistre et la sentence allait tomber d’un ciel noir sur fond de flamme. En contrebas des feux dévoraient l’une des chaumières de la propriété. Il parvint cependant à esquiver le premier choc et roula sur le côté, se meurtrissant l’épaule droite contre la rocaille. Il saisi une pierre et la lança avec force vers la silhouette menaçante. Elle vint rebondir sur le plastron de l’homme qui se contenta d’armer un mouvement ample de ses deux mains, avant d’abattre la cognée vers le jeune rohir. Eothred ne put qu’esquiver en partie le coup, qui le projetta brutalement sur le flanc. Ne pouvant contenir un cri il regarda sa jambe offrant une vilaine plaie ouverte. S’en était fini. Les deux autres silhouettes montaient vers lui comme les bourreaux vers le supplicié ...

Une lame longue et chantante vint mortellement frapper l’un des hommes qui s’approchaient, et dans un mouvement rapide Eothred vit l’elfe se déplacer vers lui en bousculant le second maraudeur. Cet elfe qui semblait déterminé à se méler de sa petite existence se trouvait maintenant entre deux adversaires. Le guerrier qui menaçait Eothred fut le plus rapide à amorcer le combat et faire mouche, mais un étrange mouvement de tissu balaya l’air nocturne et l’elfe était déja sur son flanc. Sa capeline semblait danser avec ses déplacements et rendait les attaques portées vers lui confuses. Eothred regardait stupéfait cet elfe se glisser avec grâce entre ses ennemis comme s’ils étaient soudain pris d’une lenteur fatale.

Reprenant ses esprits, et tentant d’oublier la douleur qui le lançait il s’empara de l’arme de celui qui était tombé et balaya avec une rageuse violence ce qui se trouvait à portée de hache. Combien de coups pourrait-il porter encore avant de sombrer, un sang noir maculait sa jambe et il sentait que sa vigueur le quittait. Il vit lentement un autre homme s’écrouler. L’avait-il touché ? Et le troisième reculer, la peur su son visage ...

C’est à ce moment qu’Eothred compris. Avant même que l’elfe ne le lui dise. « Vous avez tué votre premier rohir cette nuit Eothred. Une nuit de sang, dans l’ombre des parjures ... ».
La nausé lui monta à la gorge et il failli vomir, chancellant. Il s’assit lentement avant que son précieux allié ne le redresse. « L’heure n’est pas au repos, venez ! Vous avez eu de la chance cette fois. Ils vont revenir plus nombreux ... ». Eothred dévisagea cet étrange voyageur, il sentait son regard bienveillant se poser sur lui, et sa main ferme le soutenir. « Oui ... » Balbutia-t-il en gimaçant de douleur « Je veux vivre et vous suivre ... ».

Cette réponse semblait convenir au moriquendi qui installa Eothred tant bien que mal à dos de cheval, avant de mettre à son tour pied à l’étrier. « Vous ne reverrez cette terre avant longtemps fils du Rohan, je suis désolé que vous en emportiez ce souvenir ... » Lança comme un dernier avertissement celui qu’Eothred verrait influer définitivement le cours de sa vie.

* * * *

"Nous ne pourrons nous arrêter qu'une fois l'Adorn franchi, Eothred. Je ne peux utiliser ici le Chant d'Estë sans éveiller d'attention". Avant de lancer sa monture au galop, l'elfe avait concédé un bandage de fortune sur la plaie du rohir. Le Chant d'Estë. Eothred ne comprenait mot, pas plus qu'il ne réalisait ce qui était entrain d'advenir de son existence. Tentant plutôt de rester conscient il mordit à pleines dents dans le tissu de son pourpoint pour ne pas crier. Enserrant le torse du cavalier montant devant lui, il sentit sous ses doigts la froideur du métal. L'elfe portait une armure, et il ne l'avait pas remarqué. Elle ne scintillait pas, n'émettait aucun son, sa couleur était de nuit comme un tissu d'ombre. Le vent fouettait ses cheveux blonds et il pria l'ensemble de ses ancêtres et la lignée d'Eorl toute entière de ne pas l'abandonner en ces heures cruelles ...

Etrange fortune qu'Héorseld son père fût appelé à rejoindre la Cohorte de l'Ouest, sur le front de l'Isen, aux Gués. Tandis que Merigen sa chère mère était auprès de sa soeur à Edoras. Etrange destin qui avait vu Eothred insister pour passer la saison des moissons à la ferme familliale avec son oncle Galmod, et son ami d'enfance Fengel. Et lui qui chevauchait à présent vers les ténèbres, au delà de l'Adorn, au delà des frontières du Rohan, la tristesse sourde comme seule compagne et un elfe pour guide ...

Arcamenel était venu quelques fois rendre visite à son père. Il fût toujours accueilli comme un hôte de marque, bien qu'il ne le vu que rarement. Les soupers étaient alors entre grandes personnes, et ses protestations n'y changeaient rien. Il aurait tant aimé savoir ce qu'ils pouvaient se raconter. Ce mystérieux voyageur venant apparement à l'improviste arrivait souvent à un moment opportun. Et ne restait jamais au petit matin. Mais il semblait alors qu'un charme particulier se dissipa avec son départ, cela il le lisait sur le visage de ses parents. Il fallu d'ailleurs un temps certain avant qu'il ne réalisa qu'Arcamenel était un elfe.

En dehors de ces surprenantes visites la vie d'Eothred fut celle d'un rohir élevé dans une région rendue fertile après le traité de Folcwine, qui chassa Ceux du pays de Dun. Une vie fermière, qu'il défendit contre les incursions des maraudeurs de l'Ered Nimrais qui s'aventuraient dans la plaine, sous l'ombre de Dunharrow. Il passa de longues nuits sous les étoiles à garder les bêtes, et de longues heures à marteler le fer dans la petite forge artisanale de son père. Ferronniers de pères en fils, ceux du clan Isenfold préservaient cette tradition avec honneur. Mais les temps glorieux où les forges produisaient les mailles de l'eored étaient à présent bien lointains. Car si l'on comptait des faits épiques au Champ du Celebrant au sujet des Isenfold, cela ne faisait plus la fortune d'une famille qui travaillait dur pour survivre chaque hiver.

Merigen était la seconde épouse d'Héorseld, la maladie ayant emporté Cynhild son premier amour, qui lui laissa cependant deux filles; Elfhild et Yseld. Mais Eothred ne les vit guère durant son adolescence, car elles revinrent à Edoras auprès d'un oncle qui parti ensuite pour le Gondor. Quelques missives parvinrent jusqu'au Rohan annonçant le mariage d'Elfhild dans la Cité Blanche et la passion d'Yseld pour les savoirs anciens. Mais en cette heure ces souvenirs appartenaient à une autre vie.

Ce furent les éclaboussures d'une eau noirâtre qui tirèrent Eothred de sa rêverie douloureuse. Ils franchissaient l'Adorn à présent. L'Isen devait s'écouler plus au nord et voilà bien une frontière qu'il n'avait encore dépassé. Ils allaient laisser la Trouée du Rohan derrière eux et chevaucher vers l'inconnu. Malgré lui, malgré cette fatalité, Eothred devinait alors que tout pouvait arriver ... tout en espérant à présent que sa jambe meurtrie pourrait connaître la guérison.



Promesses

« Je ne connais pas encore ce nom ... et pourtant il résonne en mon esprit d’une manière curieusement familière ... »
Eothred semblait nerveux devant la silhouette qui le dévisageait depuis l’ombre de la vieille ruine. Les rôdeurs d’Esteldin avaient réaménagé l’ensemble de la bâtisse mais certains endroits souffraient encore d’abandon. Les anciens murets extérieurs qui n’offraient plus une garde suffisante étaient à moitié effondrés et les vieilles pierres s’étaient couvertes de mousse. D’ici on pouvait voir le chemin qui franchissait le Col de Rhunenlad et gardait la dangereuse région boisée en contrebas. Dol Dinen et ses camps sinistres n’étaient pas très loin et la faction d’Esteldin avait fort à faire pour garder la passe qui menait à la Lande du Roi ... puis aux terres fertiles qui entouraient la région de Bree, plus au sud.

Le capitaine rohir ramena sa lourde cape sur son armure, le vent se levait. Une légère bruine tombait dans le crépuscule. « Seigneur, l’Hered Duathfaroth a été invitée à rejoindre l’Ancien Cercle. Il y a trois nuits maintenant nous avons eu la surprise de rencontrer Daerandhir, frère d’Isildwenn, un elfe connaissant les signes de pouvoir à ce qu’il me semblait ... ».
« C’est une bonne chose capitaine, la Maison des Chasseurs d’Ombre doit se relever elle aussi, leurs forces réunies seront un puissant soutient pour Heren Iaur. Même s’ils connurent comme nous tous de grandes peines ... ».
Eothred, qui semblait soucieux de ne pas être aperçu ici, se glissa davantage dans la pénombre, mais la proximité de l’elfe le maintenait en respect. Il craignait le regard de l’ancien seigneur, alors qu’il aurait dû être rassuré de sa présence. Mais ce que dégageait le Veilleur le rendait maladroit. Cette mascarade le gênait d’autant plus que son rang lui imposait malgré tout de garder une certaine prestance.

« Eothred, vous aurez bientôt ce que vous attendiez. L’époque impose cela, comme le vent courbe ces herbes. Ne vous inquiétez de rien et considérez moi non pas comme un seigneur mais comme un frère ... ». Le Veilleur avança sa main vers le capitaine et pris sa paume. Ne détachant son regard de celui pénétrant de l’elfe, Eothred referma ses doigts et senti le contact froid du métal. En osant un regard dans le creux de sa main il y découvrit un anneau.
« Donnez ceci à Celle qui veille sur les Duathfaroth, capitaine. Moreressë saura lire les signes de cet objet et comprendre d’où il vient. Si cette dame est bien liée à ce que je crois ... ».
Encore des mystères ! Pourquoi les elfes ne disaient-ils les choses simplement ? La patience du capitaine était constament éprouvée par ces traditions elfiques. Il trouvait ces choses belles et fascinantes, mais peinait à croire qu’elles ne puissent se déclarer plus ouvertement ...
Pour simple réponse à ces fugaces interrogations le Veilleur esquissa un sourire compréhensif. « Un poid vous sera ôté Eothred Isenfold, mais une charge vous sera aussi remise, car ce n’est pas en vain qu’Arcamenel à choisi votre vie ».
Le rohir inclina sa tête en respect, faisant tomber ses mèches claires sur son front soucieux, et porta la main à sa garde en signe d’approbation.

« La nuit dernière, aux heures tardives, j’ai vu l’un de vos frères. Un puissant rohir. Il n’était pas seul. » Le Veilleur ne regardait plus Eothred et fixait la crête comme s’il s’attendait à y voir surgir une ombre funeste.
« Qu’est-ce à dire seigneur, l’un des nôtres l’accompagnait ? »
« Une jeune femme en effet. Une jeune elfe. Traqueuse ... Vous voyez de qui je parle n’est-ce pas ? »
« Ainsi donc ils se sont rencontrés ! C’est que l’Hered Duathfaroth mêle déja ses pas aux nôtres ... Je ne pensais pas que cela irait si vite ». Eothred paru cependant heureux de cette perspective.
« La Fille du Crépuscule a senti ma présence. Elle n’a su me trouver mais son regard est perçant, son esprit est vigilant ... Son Hered doit la protéger afin que rien de facheux n’empêche sa puissance de grandir ... ou de se détourner ».
Le capitaine du Rohan ne voyait pas où son interlocuteur voulait en venir, bien qu’il supposa qu’il ne lui en révèlerait pas davantage cette nuit.

« Ce qui est important aujourd’hui capitaine, c’est que l’Ancien Cercle reste soudé. Et les Maisons solides. Pour celles qui existent encore ... Et celles qui sont à venir ».
A ces mots, Eothred ne pût s’empêcher de penser à Azerandir et sa disparition soudaine, Herth Faroth avait peut être achevé sa course en Angmar ... « Seigneur, ma peine au sujet d’Azerandir est grande. Nous avons perdu un elfe d’expérience et probablement une Maison déja trop fragilisée ... ». L’irrépressible envie de raser l’Angmar tout entier tenaillait Eothred depuis trois jours, et son estomac se serrait à chaque fois que cette pensée le trahissait.
Le Veilleur se tourna vers lui et avanca de quelques pas. Son visage, oblonc et sans âge, était cerné d’une fine chevelure sombre aux reflets ambrés qui tombait sur de larges épaules armurées d’un métal ancien. Eothred peinait à soutenir ce regard d’où émanait une volonté effrayante. Le front barré d’une parure elfique, il respirait la force et la conviction d’une antique noblesse. Eothred n’osait imaginer tout ce que cet être avait pu traverser pour que sa présence emplisse autant le lieu ...

« Je n’imagine pas votre peine Eothred. Vous seul pouvez la mesurer. Mais sachez simplement que nous ne livrerons de bataille sans perdre beaucoup. Peut être trop ... Mon premier affrontement me coutât cinquante de mes frères. Imaginez vous cela Eothred ? Cinquante ... Avez vous déja connu un ennemi capable d’emporter plusieurs dizaines de vos hommes en déversant sa puissance ... ? Ce genre d’adversaire existe capitaine, et foule encore Arda ».
Eothred se raidi et sa machoire se crispa. De quelle genre d’infâmie pouvait-il parler ? Un frisson parcouru son échine et il senti son crâne battre, avant que la bruine ne s’arrête de tomber. Il serrait si fort sa garde que ses doigts avaient blanchis. Le Veilleur lui faisait face et très haut dans le ciel nocturne quelques étoiles perçaient les nuages. Un instant très bref, il lu dans ce regard azur une immense tristesse. Mais aucune peur.

La tension retomba lentement, si des scènes imaginaires avaient pu être invoquées par la pensée elles auraient submergé Esteldin de leur cinglante puissance. Les deux silhouettes se contentèrent d’un signe de respect mutuel en guise d’au revoir.
Le veilleur glissa une dernière parole au capitaine qui enfourchait sa monture. « J’ai placé ma confiance en vous Eothred, pas seulement à la manière d’Arcamenel qui écouta les révélations d’Herth Hîthlamath, mais parce que nous sommes semblables ... Que la clarté d’Elbereth illumine votre chemin rochben ! ».

Le capitaine tourna la bride et s’elança dans la nuit. Au petit matin il devait être à Staffolde. Il restait quelques préparatifs à faire avant l’expédition du soir prochain.


* * * *


L’aube se levait. Irradiante et protectrice. Avec elle tout espoir renaissait ...
Il pensait à l’anneau qu’il avait laissé au rohir. Eothred ne saurait y lire la fine écriture qui l’ornait, mais ceux de l’Hered Duathfaroth déchiffreraient assurément les courbes du betheur ancien. Cùliasil, son vieil ami d’antan y avait fait graver par les joailliers de Doriath des paroles sans équivoque en signe d’alliance :

« Le chant scintillant des Arbres bénisse le seigneur des Daegwaith, ami de Cùliasil le Chasseur d’Ombre »

Le nom de Moreressë évoquait dans son esprit une époque ancienne, pourtant il ne le connaissait pas avant de l’entendre. A moins que sa consonnance ne lui rappela autre chose ... Cùliasil avait survécu à la Chute du Beleriand mais pas à la bataille de la Dernière Alliance comme de trop nombreux moriquendi. Les nandor y concèdèrent un si lourd tribu ...
La faction des Chasseurs d’Ombre était dirigée à Doriath par une elfe, c’est le souvenir qu’il en avait, mais rien de plus précis. Les Daegwaith qu’il dirigeait à l’époque avaient parfois oeuvré de concert avec eux, c’est ainsi qu’il avait connu Cùliasil. Et à dire vrai les gestes et les attitudes de la traqueuse Mormuinthiel lui rappelaient étrangement cela ...
Il lui fallait revenir vers Fondcombe, puis Mithlond, il devait préciser ces recherches.




Le départ d'Eldegar Barandath

"C'est l'heure capitaine. Il faut y aller.
Pour le Rohan, pour le Roi !
".

Eothred avait appris le départ d'Eldegar juste avant que l'assaut ne soit lancé sur Urugarth, et ce furent les dernières paroles du rohir avant qu'il ne lance au galop son cheval vers le sud. Vers les frontières incertaines d'une Marche qui tentait de discerner les fidèles parmi les ennemis amassés devant ses portes. Les dernières paroles d'Eldegar Barandath avant longtemps.

Au moment où la compagnie qu'avait rejoint le capitaine Isenfold s'engageait dans les passes d'Erech Bogbereth, Eothred avait décidé de ne rien partager de sa tristesse avec les combattants, même si Barundir était à ses côtés pour cet exploit. Il craignait le poids d'une mauvaise nouvelle alors que le ciel ne laissait percer aucun espoir. Aucune étoile.

Les portes de fer fûrent forcées. Les corps des angmarim et des serviteurs égarés reçurent la compassion de mortels empenages. Les orques tombaient sous les lames et l'acier ne brillait que d'un sang noir et chaud. Le fracas des trolls et la lourdeur de leurs râles rauques emplissaient l'air lorsqu'ils s'effondraient. Les gobelins agonisaient dans leur démentes injonctions, la gorge gargouillant d'un bouillon sanglant, les brasiers consumant leurs chairs condamnées. Les autels et leurs idoles cruelles furent livrées aux flammes, alors que la meute hurlant à la mort implorait des maîtres qui les avait abandonné. Lagmas enfin, sous le bruissement maudit de milles ailes de nuit, chût comme ses capitaines avant lui, et un étrange calme envahi lentement la soeur de Carn Dûm, sauvage et impie. Le songe d'un rohir chevauchant planait sur le champ de bataille, et son cor appelant à la guerre résonnait encore. Eothred lui dédia ces victoires en une silencieuse prière.

Tandis que les combattants ôtaient leurs heaumes et laissaient leurs cheveux libres, dans la poussière et les cendres, les visages maculés par la sueur et le sang, une cariole gravissait la route haute de Staffolde à des lieux des escarpements maudits d'Angmar. Eldegar avait veillé à ce que les précieuses ressources de son héritage de joaillier parviennent au manoir d'Heren Iaur. En témoignage de ses dons, en souvenir d'un compagnon et d'un frère.

Lorsqu'il franchirait de nouveau la porte des résidences, Eothred songerait à l'eored, libre et rapide comme les flots de l'Isen. Il louerait l'éclat des lances scintillant dans les champs, traversés par le rire et les chevaux. Il s'en était fait la promesse.
avatar
Telumehtar
Admin

Messages : 109
Date d'inscription : 15/02/2016

Voir le profil de l'utilisateur http://celebrant.bb-fr.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum